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Herve : les identités de Pivi Molinghen

 21 novembre 2016 11:02  |   Verviers - Herve

Après dix ans de pratique intensive, le photographe Pivi Molinghen a décidé de mettre en perspective ses travaux et de revenir sur son parcours. Résultat : une exposition à l’Espace 157, à Verviers, où il joue de la mise en abîme et du trompe-l’oeil.

Pivi Molinghen, comment est venue l’idée de cette exposition?

Après dix ans de parcours, on a, à un moment donné, envie de faire le point. Je cherchais à revenir sur mon évolution en tant que photographe et à redéfinir mes centres d’intérêts.

En fait, je voulais créer des liens entre mes différents travaux: studio, mode, portraits. Je voulais que ces directions se retrouvent et se rejoignent.

A cela s’ajoute une réinterprétation de mon travail, avec des photos qui sont “mixées” ou de nouvelles productions.

Pourquoi “ Identités” avec s?

Parce que les sources sont diverses: ce sont des photos parfois de personnes connues, ou d’anonymes, qui sont détournées.

Que voulez-vous dire par “ détournées”?

Ces photos que j’ai prises ou que j’ai trouvées sur le net, j’en fais des assemblages, je les juxtapose. Ce sont en fait de faux collages. Il s’agit de vraies photos mais tous les sujets sont mis, d’une manière ou d’une autre, en perspective. On leur donne des éléments supplémentaires, qui offrent un côté plus contemporain.

C’est en cela que j’interroge les identités: je joue avec la structure de la photo, avec sa composante physique, le pixel. Je re-photographie des photos à travers la vitre du cadre, à travers un tissu, afin d’ajouter des couches qui transforment l’oeuvre première.

Par exemple, j’ai fait une photo de Jacques Charlier à un vernissage : c’est un portrait rephotographié dans la vitre d’une autre oeuvre.

Je joue aussi sur la structure des vêtements. L’objectif va chercher des structures constitutrices du vêtements: ce sont aussi des trames. Avant, je faisais des photos de mode pour des commandes. Aujourd’hui, ma démarche est plutôt la recherche des structures et des superpositions.

La photo de base n’est donc pas l’aboutissement, mais plutôt le début du processus?

Il s’agit pour moi de faire évoluer et de questionner la photo. Je m’interroge sur ce que je peux apporter de neuf, comme s’interroge tout artiste contemporain.

Pourquoi ne basculez-vous pas vers la peinture?

Je ne sais ni peindre, ni dessiner. Mais c’est vrai, mes photos deviennent des pseudo- peintures ou pseudo-sculptures. Ce sont des photos réelles que je transforme, mais par d’autres procédés que le numérique.

Je transforme les photos par un apport que je n’ai pas encore vu dans la photo actuelle.

Quelles sont vos références?

C’est difficile… des photographes comme le Japonais Daido Moriyama, l’Américain William Klein ou encore l’Allemand Wolfgang Tillmans. J’apprécie aussi Thomas Struth, photographe allemand qui vit à Düsseldorf, et qui photographie des gens dans des musées ou des structures de bâtiments. Côté peinture, je voudrais citer Sigmar Polke, qui, lui aussi, a un rapport très particulier avec les structures et les trames.  Et enfin, je m’en voudrais de ne pas la citer, mon épouse, Nadine.

Quel est votre rapport avec votre public?

J’aime avancer dans mon travail d’artiste, mais je veux qu’il reste accessible, même si on n’en n’a pas toutes les clés.

 

“Identités” de Pivi Molinghen- Espace 157, rue du Palais , 4800, Verviers.

Jusqu’au 17 décembre 2016.

Ouvert jeudi et vendredi de 18 à 20 heures , samedi de 14 à 18 heures et sur rendez-vous au 0496.37.88.22.

(Entretien : U.O.)